3 avril 2018 

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Ils viennent d'être heureusement réduits à l'Assemblée

Frais funéraires des parlementaires

Pas mal !

Il faut naturellement des élus, à tous les niveaux, de la plus petite commune au sommet de l'État, et l'on ne peut qu'être reconnaissants à ceux qui se dévouent, parfois bénévolement, dans les petites localités, pour gérer les affaires publiques au nom de tous.

Mais, quittes à nous faire accuser d'antiparlementarisme, primaire bien sûr, on ne peut qu'être scandalisés par les privilèges, ceux que nous connaissons ou nous découvrons à l'occasion, dont jouissent députés et sénateurs.

Car nous sommes à une époque où certains privilèges passent mal. Et, d'abord, le privilège de décider pour soi, sans que personne en dehors des parlementaires eux-mêmes puisse y avoir droit de regard. Nous voulons parler des indemnités qu'ils s'accordent, des frais divers qu'ils se voient rembourser. Évidemment, on n'est jamais mieux servi que par soi-même, n'est-ce pas ?

*

Il y a quelques années nous avons dénoncé la réserve parlementaire dont l'usage pouvait prêter souvent à critique...

Ces jours-ci, on vient d'apprendre que parmi leurs privilèges, les parlementaires et leur famille bénéficient d'une allocation pour frais funéraires. En fait, on en parle parce que l'Assemblée nationale vient d'en réduire le montant (1).

Quand on sait de quoi il s'agit, le simple citoyen a du mal à accepter cet état de fait.

Que, lorsqu'un député ou sénateur décède, cette allocation soit versée à sa famille, on veut bien. Mais elle est attribuée même s'il s'agit de la disparition du conjoint ou d'enfants ! Et, cela, y compris quand l'élu n'est plus en fonction ! !

Pour mieux vous rendre compte, voici quelques chiffres.

Chiffres à l'appui...

- Pour les députés, total versé : en 2016 , 538 693 euros pour les obsèques de 77 personnes (7 000 euros par obsèques) ; en 2017 : 573 000 euros.

Le bureau de l'Assemblée a décidé, le 14 mars, de ramener l'allocation funéraire à « seulement » 2 350 euros. Elle pouvait aller jusqu'à 18 255 euros au maximum pour les élus ayant droit aux pensions les plus élevées. Si le nouveau montant avait été appliqué en 2016, l'économie aurait été de 382 000 euros !

- Pour les sénateurs, les sommes versées en 2016 ont atteint 967 000 euros pour le décès de 53 sénateurs et conjoints. Ce qui représente 17 000 euros environ, en moyenne, contre 7 000 pour les députés.

Le capital décès versé au conjoint d'un député décédé reste fixé à une année d'indemnités. Ou trois années si ce décès survient en mission ou lors d'un attentat.

Avez-vous jamais entendu de « grandes » voix d'élus, toutes tendances confondues, trouver cela pour le moins scandaleux au regard du commun des mortels ?

Je me trompe ou vous pensez comme moi ?

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(1) http://www2.assemblee-nationale.fr/15/le-bureau-de-l-assemblee-nationale/comptes-rendus-et-convocation/2018/reunion-du-mercredi-14-mars-2018

 

 

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