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1987

Souvenirs simianais

La fontaine des Vaches

L'eau du village et celle du marquis

Dans les années 1980, le regretté Denis Oléon, à ma demande, avait animé avec beaucoup de talent une rubrique dans la revue Lou Gaiardet, alliant les conseils de jardinage et les souvenirs sur la vie simianaise. Nous reprenons ici l'une de ces dernières (Lou Gaiardet n° 27 - septembre-octobre 1987). Malheureusement, le texte imprimé ne peut reproduire toute la verve avec laquelle il racontait des anecdotes. André Segui

Avant la guerre de 1914, cette fontaine était installée entre deux importantes maisons du village, séparées par un vide identique à celui qui existe encore entre la station-service Thomas et Mihière, rue Vassent.

La première maison appartient présentement à Lercari et la deuxième était d'un certain Pontier, qui y tenait bistrot. Mais celle-ci avançait vers le haut du village jusqu'à quasi toucher celle de gauche, habitée actuellement par M. et Mme Callea.

Seule, une voie de 1,5 m à 2 m permettait aux véhicules à chevaux de passer, en faisant une gymnastique comprenant deux angles droits consécutifs. Elle reliait Simiane Nord à Simiane Sud et vice-versa. Dans le développement du village, la municipalité décida alors de supprimer cet obstacle. Elle acquit ledit immeuble pour le démolir et ouvrir la circulation comme nous le voyons à l'heure actuelle. Le mur maître de l'immeuble servant de soutènement à la partie jardin vient d'être restauré par la mairie. Mais lors de ces travaux, la fontaine des Vaches alors touchant Lercari fut déplacée vers le centre de la placette, afin d'éviter l'humidité qu'elle provoquait.

Cette fontaine a servi longtemps d'abreuvoir pour les animaux qui allaient et venaient tout seuls une fois détachés.

Depuis, le temps est passé : les vaches, chevaux, poules, maîtres de la chaussée, aussi. La fontaine, elle, est toujours là, mais elle a perdu son principal atout. Elle possédait deux canons et deux eaux différentes: celui de droite, l'eau de la ville, alimentant le village ; celui de gauche, celle du marquis, non calcaire, servait surtout à cuire les légumes.

Ces particularités n'existent plus aujourd'hui, depuis le passage du Canal de Provence, qui a détourné les eaux, le château étant alimenté par une conduite spéciale recevant l'eau "village". Les légumes secs sont mis à l'index par le corps médical et la cocotte-minute vient à bout des pierres de Durance.

Alors !!

Denis Oléon
 
 


 

Place Fontfiguière. À droite, on distingue à peine la fontaine. De part et d'autre du bâtiment de gauche, où s'est installé plus tard, l'épicerie Chez Marie, montent les rues Saint-Germain, à gauche, et Fontfiguière, à droite
 



 
 


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