Jean Hyacinthe Vincent

Inventeur du vaccin anti-typhoïdique

Dr Jean-Jacques Vidal


 

Né le 22 décembre 1862, à Bordeaux, décédé le 23 novembre 1950, à Paris. Médecin militaire, microbiologiste et épidémiologiste, instigateur du " DT-TAB " pratiqué sur tous les jeunes soldats lors de leur incorporation.
 

Issu d'une famille de bouchers, après de solides études secondaires rien ne le prédispose à se diriger vers des études de médecine mais, comme à cette époque, à Bordeaux, s'installe l'école de santé militaire qui deviendra " Santé navale ", qui sait s'il n'est pas attiré par le prestige de l'uniforme, le port de l'épée courte, et l'élégance des " Navalais " ?
 
 
 
 

Cours Portal, à Bordeaux,
où les parents d'Hyacinthe
tenaient une boucherie

Études

Quelles que soit ses raisons, ses études sont brillantes puisqu'il termine premier au concours d'internat de Bordeaux en 1884, puis est nommé médecin aide-major de 2e classe et, en 1887, reçu docteur en médecine.

Entre 1887 et 1889, il complète ses études à l'École du Val-de-Grâce à Paris, occupant un poste de préparateur au laboratoire d'anatomie, de pathologie et de bactériologie, jusqu'en 1891.

Entre 1891 et 1896 il est envoyé à l'hôpital du Dey, à Alger, chargé d'un service hospitalier de médecine mais, surtout, cela lui permet de créer le premier laboratoire de bactériologie de l'Armée. Pendant ce séjour, il décrit une forme particulière d'angine unilatérale, qui gardera le nom " d'angine de Vincent ", qui atteint en particulier les adultes jeunes entrainant une grande fatigue.

Insigne de l'École de Santé.

Il est marqué par le nombre impressionnant de militaires atteints de fièvre typhoïde qui encombrent les hôpitaux et entraînent de nombreux décès, et débute ses recherches sur cette maladie.

Honoré comblé

Ses nombreux résultats positifs en épidémiologie fait que, dès 1896, il est rappelé au Val-de-Grâce, pour occuper un poste de professeur agrégé titulaire de la chaire d'épidémiologie et des maladies des armées et, comme cela ne lui suffit pas, il fonde un laboratoire de bactériologie à Marseille.

Comblé d'honneurs, médecin major de 2e classe à 34 ans, il peut songer à se marier et épouse, le 12 juillet 1897, à Paris, Lucie Octavie Durand, originaire de Saint-Brieuc.

De 1902 à 1924, il est professeur, médecin chef de service, et directeur du laboratoire de bactériologie à l'École d'Application du Val-de-Grâce. Mais les souvenirs des malades atteints de typhoïde qu'il a connu en Algérie le hante toujours et, en collaboration avec le pasteurien Chantemesse, s'inspirant très largement des travaux de Wright, en Angleterre, il propose, un vaccin antityphoïdique à partir de germes tués par l'éther. En 1912, il se rend en Algérie afin de faire vacciner, avec succès, le contingent français d'Afrique du Nord avec un vaccin, connu sous le nom de DT-TAB, qui fut ensuite rendu obligatoire pour tous les soldats français à partir de 1915, et faire disparaître ainsi les cas d'affections typhoïdiques durant la guerre de 1914-1918, méritant les félicitations des généraux Joffre et Foch.

Ce vaccin sera appliqué ensuite à toute la population et s'il donnait parfois, pendant 24 heures, des effets secondaires avec une fièvre à 40° et une asthénie, il fit disparaître ces épidémies mortelles dans l'armée puis dans le civil.

Promu médecin général inspecteur en 1915, nommé professeur au Collège de France en 1926, avec une chaire d'épidémiologie spécialement créée pour lui, membre de l'Académie des sciences et président de l'Institut en 1941, Hyacinthe Vincent termine sa carrière couvert de distinctions et d'honneurs. Grand-croix de la Légion d'honneur, décoré de la Médaille militaire, il est cité à l'ordre de la Nation et un timbre à son effigie sera émis le 2 juin 1962.

Connu sur le plan international, il est décoré par de nombreux pays comme la Russie, la Serbie, la Pologne, la Roumanie, la Belgique, l'Île Maurice, le Maroc et la Tunisie.

Il décède le 23 novembre 1951, à Paris-VIIe.

A gauche, Vincent à l'époque de son élection à l'Académie des Sciences. À droite, timbre commémoratif émis le 4 juin 1962
 

Ascendance par les hommes

Hyacinthe Vincent, médecin militaire, Académie de médecine

° 22 décembre 1862, Bordeaux  + 23 novembre 1950, Paris

x 12 juillet 1897, Paris avec Lucie Octavie Durand

° 20 mars 1871, Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) + 26 novembre 1964, Paris

Jean Gustave Vincent, marchand boucher à Bordeaux

° 3 août 1835, Maransin   + avant 1899, Bordeaux

x 15 octobre 1861, Bordeaux avec Anne Maubourguet ° 29 janvier 1844, Bordeaux (Gironde)

Pierre Vincent, agriculteur et propriétaire de " la Mignoterie " à Maransin

° le 21 juillet 1798 (3 thermidor an VI), Maransin  + 17 août 1879, Maransin

x 26 octobre 1828, Lapouyade (33) avec Catherine dite Lucette Dupas (° 7 septembre 1805, Lapouyade,

+ 28 mars 1853, Maransin)

Jean " dit Lamourette " Vincent, propriétaire " Mignoterie " à Maransin

° 1766, Maransin   + 19 avril 1846, Maransin

x an IV avec Jeanne Feytit (° ca 1770, + 13 juin 1811, Maransin)

Des médecins de renommée internationale

Voici la liste des médecins militaires dont le dr Jean-Jacques Vidal s'est attaché à raconter l'histoire édifiante. La plupart furent professeurs à l'École de Médecine d'Alger, à l'origine de ce qui qui allait devenir, dès 1909, une faculté de Médecine (bien avant celle de Marseille, par exemple), école qui s'illustra par la valeur de certains médecins de renommée nationale et internationale et de nombreuses publications telles que la Gazette médicale de l'Algérie, Alger médical et le Bulletin médical de l'Algérie.

Lucien Baudens, créateur de l'école d'instruction de l'Armée (revue 134)
Jean André Antonini, directeur de l'hôpital Caratine (R135)
Jean Louis Guyon,Travaux sur la fièvre jaune (R136)
François Maillot, traitement du paludisme (R137)
Noël Patin, directeur de l'École préparatoire de Médecine (R138)
Paulin Trolard, professeur à l'École supérieure de Médecine (R139)
Charles Sedillot, inventeur du mot " microbe " (R140)
Alphonse Laveran, découvreur du parasite du paludisme (R141)
Louis Charles Trabut, botaniste, Inventeur du nom " clémentine " (R142)
Jean Vincent, inventeur du vaccin antityphoïdique (R143).
 

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