David de Noter

De la peinture flamande à l'algérienne

Francine Robin de Noter*


 

Originaire de Gand, habitant Belcourt (Alger)...

Mon bisaïeul David de Noter était d'origine belge, né à Gand le 26 juin 1818 ; issu d'une famille de peintres, peintre de portraits, de scènes d'intérieur et de natures mortes, il s'est acquis un nom très honorable sur le plan artistique. Petit-fils de Pierre François de Noter et de Anna-Maria Storms ; lors de leur mariage Pierre-François était ébéniste, il devint professeur d'architecture et de perspective à l'académie des Beaux-arts de Malines.

Villa Mahieddine, Alger. Huile sur toile,28 x 37 cm. Coll. part
(Droits réservés)

Fils de Jean-Baptiste de Noter et de Caroline Maya ; son père fut lui-même peintre d'aquarelles et de toiles à l'huile. Son oncle Pierre-François le Jeune était peintre de vues à l'italienne et ses deux cousines, Anne-Marie et Joséphine, peintres de fleurs ; un de ses cousins, Auguste-Hermann peignait des paysages et des animaux.

Éclatantes études

Il se marie à Gand le 25 novembre 1845 avec Clémence Wauters, dont il eut sept enfants. David quitte la Belgique en 1864 pour s'installer à Paris chez Jules A. Goupil (peintre, 1839-1883), puis il fait construire une maison au Vésinet où il vit jusqu'en 1868. David suit en 1831, à l'âge de 13 ans, l'école de Fr. Van der Elst, puis il effectue d'éclatantes études à l'académie malinoise des Beaux-arts. Il y remporte divers premiers prix et va de succès en succès, puis à 17 ans, il obtient de sa ville natale une récompense honorifique pour son talent.

Dès ses vingt ans, il expose au salon de Bruxelles L'atelier de Snyders, aujourd'hui au musée de Malines, qui lui valut d'obtenir le grand prix. A partir de 1834, on trouve son nom dans les catalogues. En 1842, il fait partie du petit nombre de peintres qui se voient accorder par le gouvernement un encouragement particulier. En 1845, il reçoit une médaille d'or et, en 1851, il reçoit la visite du souverain portugais, qui lui octroie, quelques jours après, la décoration de chevalier de l'ordre du Christ. En 1854, lors de l'exposition nationale à Bruxelles il obtient une médaille d'or. Il participe au Salon de Paris en 1855, en 1864 et à l'exposition historique de l'art belge de 1830 à 1880. David ne peint pas seulement à l'huile et à l'eau, il est aussi peintre de pastel, lithographe et graveur sur bois.

Il décide de quitter la France pour l'Algérie où il se fixe définitivement suite à un accident de chasse en 1868, où l'un de ses fils, Henri Louis, dit Raphaël, âgé de vingt ans, décède. C'est la perte de cet enfant qu'il aimait tendrement et à qui était promis un brillant avenir d'artiste peintre (il avait déjà exposé à Paris et à Londres), qui l'y incite. Il vit plusieurs années avec sa famille à Belcourt, campagne Carrus, commune de Mustapha, jusqu'en 1878.

L'année précédente, il était naturalisé français par décret du 10 avril 1877. Puis il fait la demande d'une concession sur le territoire de Marengo, à l'oued Nador, qui lui sera octroyée fin 1878. En 1880, David demande à échanger ce terrain du octroyée fin 1878. En 1880, David demande à échanger ce terrain du Nador pour un autre en bord de mer, domicile sur la commune de Cherchell.

Des peintures d'influence flamande il va changer et peindre des vues d'extérieur, comme Villa Mahiedine, Dans la Casbah d'Alger. Parmi ses œuvres exposées au salon de 1874 : Raisins de Kabylie, Cour de maison mauresque, Café maure, Rue d'Alger. Le musée national des Beaux-arts d'Alger conserve une nature morte, huile sur toile de 0,80 m x 0,65 m.

Jusqu'au dernier jour

David a fait paraître vers 1872, L'Algérie synoptique illustrée, avec gravures et dessins, les textes rédigés par des écrivains érudits.

Il savait se concilier nombre de sympathies ; on lui prête pour ami le maréchal de Mac-Mahon.

Il travailla jusqu'au dernier jour de sa vie, il allait avoir 74 ans. La veille de son décès, il voulait encore achever une fleur commencée quelques jours avant d'attraper l'influenza. Il mourut le 21 janvier 1892 en son domicile de Saint-Eugène.

Parmi ses enfants, mon grand-père Georges de Noter fut photographe à Bône, où mon père est né en 1908. Au décès de sa mère, lorsqu'il avait 16 ans, mon père fut recueilli par une de ses tantes à Paris où il finira ses études. A la suite de son mariage en 1936, il installera son studio de photographies à Fontainebleau. Mais c'est une autre histoire !
 

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Je remercie Mme Colette Lardillier, adh. 1117, qui m'a transmis beaucoup de documents sur mon aïeul David de Noter en Algérie et m'a aidée dans mes écrits.

1990

* Adh. n° 2117 de Généalogie Algérie Maroc Tunisie