Petite histoire de Minorque

Michel Planchons*


 

'L'île de Minorque, la plus au nord des Baléares, n'a que 668 km2 (48 sur 16 km pour ses plus grandes distances). Elle est peuplée d'environ 65 000 habitants en hiver. Le point culminant est le Monte Toro (1) qui a 350 m de haut. L'île est constituée d'un plateau rocailleux et sec. Ile de pierres, elle offre une multitudes de talayots, de taulas et de navetas, vestiges de ses premiers habitants de l'époque mégalithique, et de nombreuses criques sauvages et difficiles d'accès qui lui ont valu d'être classée réserve de la biosphère par l'Unesco. La plupart des noms de lieu, comme Binifadet, Bentalfa, Binibeca, sont d'origine arabe, survivance de l'occupation musulmane (de ben en arabe fils de. Le nom originel de Binifadet semble être "Binihadet").

Les principales villes, outre la capitale Mahon, sont Ciutadella, Ferreries, Fornels et Saint-Louis (San Lluis). Le touriste ou le généalogiste à la recherche de ses ancêtres, qui visite cette dernière ville ne peut que s'étonner de la dénomination française de certaines rues : Calle d'Allemand, Duque de Crillon ou Conde de Lanion, quand bien même il se souviendrait de la courte occupation française, sous le règne de Louis XV.

La distribution des terres royales et le repeuplement difficile de Minorque (2)

Le 17 janvier 1287, Alphonse III d'Aragon, dit le Libéral en raison de sa politique de distribution des terres à Minorque, arrivant de Majorque, débarque avec 127 navires, plusieurs milliers de soldats, 700 chevaliers aragonais, catalans et majorquins à Minorque, dernière île encore en possession des sarrasins. Le gouverneur musulman de Minorque, sa famille et ses amis sont renvoyés, aux frais du roi d'Aragon à Cordoue, puis en Berbérie, où ils n'arrivent pas, car leur bateau coule au large des côtes algériennes. L'île est alors peuplée de nombreux sarrasins, chassés de Majorque lors de la reconquête par Jacques 1er le Conquérant, en 1219. La plupart des habitants de Minorque sont alors réduits en esclavage, mais ils peuvent se racheter, en donnant leurs bijoux à la couronne d'Aragon. L'île, propriété royale d'Alphonse III est semi-désertique, seulement habitée par quelques esclaves employés à construire les fortifications des villes de Mahon et de Ciutadella.

Le roi Alphonse III charge alors Pedro de Lebiá, procureur royal, de distribuer les terres, avec l'approbation de Pedro Garcés de Nuz, Gouverneur le représentant dans l'île de Minorque. Au contraire de Majorque, il n'existe pas de livre de distribution des terres et des donations royales. Mais, on a quand même retrouvé quelques documents de donations à des commerçants et des artisans et des distributions de terres, appelées "alqueries" (3.)On ne sait donc pas si le rythme de la repopulation de l'île a été rapide ou non. Il semble toutefois qu'elle fut désordonnée, jusqu'à la reprise en main par le roi Jacques II, quelques années plus tard, en 1298.

Le 24 janvier 1301 (1300 ?) en l'église Saint-François de Ciudadella, en présence des procureurs royaux et des notables de l'île, le roi Jacques II d'Aragon, dit le Juste, frère et successeur d'Alphonse III, procède à une réorganisation générale. Selon une ordonnance royale de Philippe II, datée du 22 juin 1598, les ancêtres de Lorenzo Gomila, Pedro Lozano, Antonio Olivar, Juan Ximenez, Juan Garcia, Luis Millan et Gil Martorell auraient obtenu du roi d'Aragon Alphonse III des terres au moment de la reconquête. Les distributions se font sous forme de seigneuries appelées "cavalleries" exemptes de charge, de terres royales, dénommées "de realengo", soumises au cens royal, et de propriété ecclésiastiques. Ces fiefs sont indivisibles, transmissibles à un seul héritier et astreints à un service de défense de l'île, dit "cavall del rei". Ultime obligation, les chevaliers sont tenus de résider sur leurs terres rurales. Mais, il a été difficile de faire rester les chevaliers et les soldats qui participèrent à la reconquête, ils préférèrent regagner leur pays.

Le 13 octobre 1346, Pierre IV d'Aragon juge encore insuffisant le nombre de terres seigneuriales. Il donne l'ordre à ses représentants de lotir et de distribuer les terres des environs de Mahon, comme propriétés soumises au paiement du cens royal. Cette mesure royale visait à favoriser les petits propriétaires et à réduire le pouvoir de la noblesse et des membres de la famille du roi. Cette distribution est de la plus haute importance historique. Elle explique le système de défense de l'île et son organisation.

Des familles catalanes (bona gent de catalans) de paysans, de commerçants et de bourgeois des villes sont venues de l'Ampurdan, mais beaucoup plus probablement d'Aragon, attirées par le don gratuit de terres, sous forme de propriétés transmissibles.

Les tours de défense et la tour de Binifadet

Aussi, au sud-est de Minorque dans les environs de Saint-Louis, que les documents désignent sous l'appellation de "in partibus de Mitjorn", les terres sont cultivées de manière intense, depuis l'époque de la reconquête chrétienne.

Il s'agit de terres très rocailleuses, difficiles à labourer et pour les plus proches de la mer exposées aux assauts et agressions des sarrasins. Les propriétaires sont donc astreints à construire des tours pour assurer la défense. Il existait aussi des tours de guet. Proches de la mer, elles servaient à alerter la population de l'arrivée de pirates. A la fin de son règne, en 1382, Pierre IV d'Aragon, autorise la construction de créneaux et de barbacanes sur les tours déjà édifiées, pour améliorer encore la défense contre les sarrasins et autres ennemis.

A travers ces dispositions royales et l'étude de l'architecture des nombreuses tours médiévales encore conservées, on peut retrouver les origines de nombreuses familles paysannes qui, à travers les siècles, ont possédé et cultivé personnellement ces propriétés sises sur la ville de Saint-Louis d'aujourd'hui. Ces agriculteurs constituent la classe sociale paysanne appelée "Bras mitja" (ils appartiennent à la classe moyenne) ou "Senyor de lloc" (Seigneur de lieu). Ce titre se retrouve notamment dans les actes religieux. Au cours des siècles ces propriétés se sont transmises aux aînés, pour éviter leur démembrement.

La propriété sur laquelle est construite cette Tour de Binifadet, est cultivée depuis des temps très anciens par la famille Orfila (4). En 1561, on connaît la possession de Binifadet de Pedro Orfila et une dizaine d'années après, dans un acte notarié du 27 décembre 1571, le même Pedro Orfila de Binifadet prend des dispositions à l'occasion du mariage de sa fille Margarita avec Cristobal Villalonga, d'une propriété voisine. A la même date, Pedro Ramon Orfila se marie et son témoin est Antonio Tuduri de Binifadet. Toujours à cette époque, on trouve d'autres propriétés contiguës qui portent aussi le nom de Binifadet.

Selon un autre acte de 1585, les quatre propriétaires de Binifadet sont Juan Orfila, Ramon Orfila, Pedro Cardona et Antonio Tuduri. Ils ont des droit sur la garrigue qui est commune à leurs propriétés respectives et à celle de Son Sallent de Juan Bautista Gomila.

En 1713, les quatre mêmes propriétés de Binifadet subsistent, les propriétaires en sont Gabriel Orfila, Pedro Orfila, Francisco Caules et Domingo Segui.

La fondation de la ville de Saint-Louis

La fleur de lys et les quatre bandes de la maison d'Aragon forment ensemble le blason de la ville, comme pour rappeler l'harmonie entre les deux grands rois que furent le roi Saint-Louis (5 1) et Jacques 1er le Conquérant qui soumit, sans guerre, l'île de Majorque, au début du XIIIe siècle.

Cathédrale de Ciutadella

Les Français suggèrent de construire une église.

En 1758, après leur conquête de l'île de Minorque - la France a occupé Minorque de 1756 à 1763 - les Français suggèrent l'idée de construire une église sur la garrigue de Binifadet, en l'honneur du roi Saint-Louis qui est considéré comme un modèle de perfection et de vertu. C'est pourquoi son nom est choisi pour la nouvelle ville dont on projette la construction près de Mahon. Cette idée est accueillie avec des démonstrations de satisfaction par les habitants qui la qualifient de très chrétienne et très pieuse. Les Français qui occupent encore l'île à ce moment, exigent un plan rigoureux d'urbanisation, qui fut scrupuleusement respecté après leur départ de Minorque, en application du traité de paix de Paris signé le 10 février 1763 (6 2).

Autour du projet de construction de l'église, les Français obtiennent l'union spirituelle des habitants des hameaux voisins de Torret, S'Ollestra, Ses Barracas, Es Pou Nou et Binifadet. De surcroît, les propriétaires des terrains entourant cette garrigue, constituée des propriétés de Trebeluger, Binifadet de la Torre de Gabriel Orfila, Son Tretze et Son Caules, convaincus d'avoir un droit de propriété sur une partie de cette garrigue, font donation de manière solennelle du terrain nécessaire à l'édification de l'église.

Mais bien vite, certains des propriétaires se ravisent par crainte des difficultés qui pourraient surgir des servitudes liées aux terres devant permettre aux gens d'aller assister aux cérémonies du culte.

Le procès de la garrigue de Binifadet

Pour éviter de tels dangers, à savoir que les servitudes n'engendrent des conflits de droits de propriété sur leurs terrains, le 9 janvier 1759, ils adressent une requête à M. Antoine de Causan, chevalier et conseiller du roi de France, commissaire ordinaire de guerre, ordonnateur, employé en Languedoc et nommé intendant des troupes expéditionnaires en 1756.

Cette requête vise à montrer que la garrigue de Binifadet n'est pas une terre communale, sans propriétaire. La preuve en est démontrée par la transcription de la copie certifiée d'une décision rendue en justice contradictoire datée du 5 janvier 1585, rendue par les ministres des Patrimoines royaux que possède Gabriel Orfila, l'un des propriétaires de Binifadet.

Au vu du contenu de ce document et dans l'attente d'une réponse du procureur fiscal, royal et patrimonial, lesdits propriétaires demandent au procureur général de désigner une personne qui, après avoir prêté serment, pourrait dresser le plan de la garrigue.

Le 19 janvier 1759, M. Cournut est nommé pour dresser le plan de la garrigue de Binifadet. Après avoir inspecté cette fameuse garrigue et constaté que les propriétaires qui pensaient avoir des droits sur une partie d'elle sont quatre, M. Cournut dit qu'il a dressé ce plan en toute équité.

Talayot sur le site de Torre Trencada (Ph. F. Haon)

Copie certifiée disparue

Les ingénieurs français dressent aussi un plan de la garrigue de Binifadet sur laquelle fut plus tard construite la ville de Saint-Louis. Ce document est d'un grand intérêt pour les généalogistes, car il précise les limites des différentes propriétés et présente des descriptions miniaturisées de certaines fermes, ainsi que la tour de Binifadet située sur les terres de Gabriel Orfila.

Gabriel Orfila est donc en possession de la transcription d'une copie certifiée de la sentence prononcée en jugement contradictoire, le 5 janvier 1585. Au vu de la seule présentation de la copie du document, on considère comme closes toutes les questions soulevées au sujet de la propriété sur la garrigue par les propriétaires mentionnés dans cette copie de l'acte du consulteur et scribe du tribunal du gouvernement royal de l'île de Minorque.

Malheureusement, cette copie certifiée a disparu ainsi que les registres publics où figurait l'original, dans des circonstances exactes que l'on ignore.

Torre d'en Quart, près de Ciutadella (Ph. F. Haon)

Pourquoi ?

Il faut reconnaître que se sont produits dans l'île de Minorque des faits très regrettables et importants :

- au début du XVIIe siècle, l'île traverse des époques très amères marquées par le manque de vivres, les mauvaises récoltes, le peu de considération de la part des gouverneurs qui ignorent les libertés et les franchises dont les habitants jouissaient et qui ne respectent pas les autorités locales et encore moins les simples particuliers. De plus, il règne une vie en alerte continuelle face aux incursions des pirates et aux agressions des bandits ;

- au début du XVIIIe siècle, des troubles surviennent lors de l'avènement de Philippe V de Bourbon sur le trône d'Espagne. Ces événements sont connus en France sous le nom de Guerre de Succession.

Dans cette guerre, les Minorquins restent sur la réserve. S'ils obéissent au roi légitime Philippe V, ils évitent toujours de célébrer les fêtes, dans l'attente de la tournure que pourraient prendre les événements. Quand ils apprennent qu'il y a un mouvement en faveur de l'archiduc Charles d'Autriche, les habitants de l'île de Minorque se soulèvent contre Philippe V.

La guerre entre les carlistes et les partisans des Bourbons engendre de profondes haines et met en place les germes de terribles vengeances. La population la plus punie est celle de Mahon. Ces événements à l'origine des troubles dans les villes sont sans doute la cause de la disparition de la copie certifiée, mais aussi de l'original dudit document.

Le résultat du procès intenté par les propriétaires de la garrigue de Binifadet pour faire prévaloir leurs droits sur le terrain dont ils revendiquent la propriété est défavorable. L'arrêt en date du 13 février 1761 du procureur condamne les parties, représentées par M. Juan Font, au paiement de tous les frais à l'exception des droits fiscaux.

Recours

Devant les résultats négatifs de leurs démarches, les propriétaires ne renoncent pas pour autant. Ils font appel par l'intermédiaire de M. Carbonnell y Vidal pour essayer d'obtenir gain de cause. Ainsi, le 25 février1761 - soit 12 jours après la publication de l'arrêt rendu par le procureur - ils exposent que les terrains de la garrigue contenus dans les limites des propriétés de Binifadet avaient toujours été considérés comme communs aux propriétés mitoyennes et entretenus comme tels, sans que jamais aucun des quatre propriétaires ait eu l'idée de clore la partie de la garrigue qui lui revenait. De surcroît, les plaignants ajoutent que tous les actes des propriétés de Binifadet, dont certaines avaient été agrandies depuis 175 ans, ne font aucune mention de ladite garrigue, bien que tous les terrains en question soient contigus à cette garrigue.

Dans ce recours, M. Carbonnell y Vidal, parce qu'il manque de témoignages authentiques ou certifiés sur lesquels appuyer sa défense, base son argumentation sur les deux principes de droit suivants :

1/ Probatio resullans ex coniecturis et indiciis potest dici manifestissima in antiquis, et
2/ Probatio per coniecturas est sufficiens in his quae sunt difficilis probationis.

Arrêt contraire

Ni ces principes de droit, ni aucun des arguments juridiques invoqués ne sont pris en compte dans la décision prononcée le 18 mai 1761 par le procureur fiscal et du Patrimoine royal. Celui-ci constate, malgré tous les arguments avancés, qu'aucun document authentique ou certifié, qu'aucune preuve équivalente à des documents authentiques ou certifiés, n'ont été produits. Il décide donc que les terrains de la garrigue de Binifadet ne sont pas attachés à leurs propriétés.

On doit les considérer comme publics ou appartenant au patrimoine royal parce que depuis des temps immémoriaux, ils ont été sans véritable propriétaire, et bien au contraire abandonnés à l'usage public, comme cela apparaît clairement à la simple inspection visuelle. D'autre part, sur le plan dressé par M. Cournut, figurent de nombreux chemins qui traversent la garrigue de part en part, sans aucun obstacle. Cela est une preuve suffisante de l'absence de tout propriétaire particulier. De plus, la présomption de droit joue en faveur de celui qui accorde les inféodations et les grâces.

Sentence définitive

Cet avis du procureur fiscal royal est retenu par M. Antoine de Causan, chevalier et conseiller du roi de France, commissaire ordinaire de guerre, qui est l'intendant de l'île et président du tribunal du patrimoine royal. Le 3 octobre 1761, en se basant surtout sur l'accusation fiscale, il constate que certaines parcelles de terres des garrigues et des communes dites de Binifadet et de la commune de Rafalet dite Son Sallens ont été usurpées. Cette sentence rendue publique le 3 octobre 1761 met fin à un procès qui dura près de trois ans.

Voici la liste nominative des demandeurs auxquels des terres furent finalement inféodées, à titre de dédommagement :

Jaime Benassar, de Mahon
Juana Cavaller, veuve de Pedro Sintes
José Chiessa
Antonio Fiol, de Mahon
Dr D. Antonio Fontcuberta
Juan Gomila, de Binifadet
Agata y Margarita Gornes, veuve de Biniali
José Gorne Barthomeu, de San Ollestra
Domingo Herna, de Mahon
Isabel Lisa y Basilini, veuve
Rafael Montanes Infanson
José Neto, de San Felipe
Lorenzo Olives, del Pou Nou
Antonio Orfila, de Binifadet

Juan Orfila, de Binifadet
Francisco Orfila, de Binifadet
Lorenzo Orfila, de Binifadet
Guillermo Orfila, de Binifadet
Antonio Orfila, de Binibaco
Lorenzo Poly, de Mahon
Bartolomé Pons, del Pou Nou
Bernardo Pons, del Pou Nou
Juan Pons, de Binifadet
Pedro Pons, de Binifadet
Juana Ponset y Mascaro, de Mahon
Francisco Portella, de la Barracas

Domingo Preto
Margarita Quintana de Mahon
Nicolas Ricot
Dr D. Miguel Jeronimo Ruby y Sequella
Antonio Sabater
Juan Bautista Sabiela
D. Francisco Segui Sintes, notaire
Bernardo Segui
Juan Sintes, de Binifadet
José Soler Vives, de Mahon
Juan Tintes Cardona
Domingo Vidal et
le Couvent de religieuses de Notre-Dame du Carmen.

Conclusion

Parmi les familles citées ci-avant, il en est qui ont émigré en Algérie, notamment à Fort-de-l'Eau, où elles étaient désignées sous le terme générique de Mahonnais. Certaines sont bien connues des sociétaires de Généalogie Algérie Maroc Tunisie, comme les Olives, Orfila, Pons, Sintes, Segui, Vidal et bien d'autres encore. Que leurs descendants aujourd'hui, français pour la plupart, sachent que leurs ancêtres avaient déjà croisé l'histoire de France, bien avant la conquête de l'Algérie en 1830, à laquelle leurs ancêtres ont d'ailleurs participé, en ravitaillant les troupes françaises en nourriture. De surcroît, la ville de Mahon a servi de base arrière au corps expéditionnaire français et d'hôpital pour soigner les soldats blessés au combat.

L'île de Minorque est sans doute la plus francophile des Baléares. L'île et son histoire sont mêlées à celle de la France, mais elle est aussi paradoxalement la plus mal connue des Français. Ile fière et sauvage, sa découverte se mérite, mais elle ne décevra pas ceux et celles qui iront à elle, tant la population est aimable et accueillante et la culture riche et spécifique.

2002

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1) Au sommet, Généalogie Algérie Maroc Tunisie a fait ériger une stèle en commémoration des Minorquins émigrés en Algérie.
2) De nombreux actes authentiques ont malheureusement été détruits, notamment lors du sac de Ciutadella, en 1558. Les spécialistes ont essayé de reconstituer l'histoire à partir des documents restant ou d'autres sources comme celles de la couronne d'Aragon. Ils sont encore parfois divisés en particulier sur la façon dont s'est faite la repopulation de l'île après sa reconquête.
3) Ainsi, en 1290, Pedro de Lebia, procureur du roi d'Aragon, de Majorque, de Valence et comte de Barcelone, a concédé un bail amphytéotique à Bernat Guárdia i Pere Fábrega dans les environs de Mahon, selon Ramon Rossello Vaquer, dans son ouvrage Aportacio a la historia de Menorca en segle XIII. Dans un autre livre, intitulé La Conquista de Menorca, Cosme Parpal, a dépouillé les archives de la couronne d'Aragon. Ces livres sont intéressants car ils donnent notamment des listes nominatives, même si elles sont partielles, des donations royales de maisons et de propriétés, tout au tout début de la conquête.
4) La famille Orfila est déjà connue au milieu du XIIIe siècle à Collioure dans le Roussillon. Elle s'est ensuite divisée en deux branches, Puigdorfila, qui s'est illustrée à Majorque, l'autre Orfila, que l'on retrouve notamment à Minorque. D'autres documents de Minorque, notamment un recensement (fotgage) de 1545 citent plusieurs Orfila. Les archives religieuses, constituées des livres de baptêmes, de mariage et de décès de toute l'île de Minorque, commencent en 1565 à la suite de dispositions prises par l'évêque D. Diego de Arnedo, en application d'une décision prise au cours du Concile de Trente. Selon le Père Fernando Marti Camps, ancien archiviste de l'évêché, au milieu du XVIe siècle, il y avait à Minorque deux familles, les Orfila de Binifadet et les Orfila de Bentalfa (ou Bintaufa), dont descend le médecin légiste Mateu Orfila Rotger, fondateur de la toxicologie, doyen de la faculté de médecine de Paris, président de l'Académie de médecine, qui a épousé la fille du sculpteur Lesueur.
5. En 1258, Saint-Louis et Jacques 1er ont signé le traité de Corbeil, dans lequel la France reconnaît les frontières de la Catalogne.
6. Dans la ville construite après leur départ, les rues portent les noms français prévus dans le plan et les conservent encore aujourd'hui.

* Adh. n° 743 de Généalogie Algérie Maroc Tunisie