Alexandre Mauguin

député

Jean-Marc Valentin

Né le 30 janvier 1838 à Allerey (dép. de la Côte-d'Or)
Député du département d'Alger du 28 octobre 1881 au 24 janvier 1885
Sénateur du département d'Alger du 25 janvier 1885 au 6 janvier1894
Décédé le 4 mars 1916 à Alger (dép. d'Alger), obsèques à Blida (dép. d'Alger) le 6 mars, cérémonie à la place d'Armes, suivie de l'inhumation dans le caveau de famille
après un discours de M. Lefèvre, vice-président du conseil général, son neveu.

 

FAMILLE originaire du département de la Saône-et-Loire.

Baptisé dans la religion catholique, le 4 février 1838, par M. Bourlier, prêtre de la paroisse d'Allerey, son parrain étant Jacques Chartenet et sa marraine Appoline Jarland

Petit-fils d'Antoine Mauguin, cultivateur, né en 1761, à Chenôves (Saône-et-Loire), et Marguerite Doriot, née en 1767, à Buxy (S.-et-L.), mariés en 1792, à Saint-Boil (S.-et-L.) pour sa branche paternelle.

Petit-fils de Jean Griveaux, laboureur-propriétaire, né en 1774, à Buxy, et Mag-deleine Roberjot, née également à Buxy, où ils se sont mariés, pour sa branche maternelle.

[Parent de François Mauguin, né le 28 février 1785 à Dijon (Côte-d'Or), décédé le 4 juin 1854 à Saumur (Maine-et-Loire) au domicile de son gendre le général comte de Roche-fort, fils d'un procureur au Parlement, avocat, bâtonnier du barreau de Paris, membre de l'Assemblée constituante et de l'Assemblée législative, élu par le département de la Côte-d'Or. Alexandre Mauguin le cite dans sa profession de foi de 1881 : " si je ne puis lui ressembler par le talent, j'espère lui ressembler par le patriotisme ".]

Fils d'Antoine Mauguin, propriétaire-cultivateur, né le 7 juillet 1793, à Chenôves, décédé le 11 février 1846, à Blida, et Claudine Griveaux, propriétaire, née le 3 décembre 1800, à Jully-les-Buxy (S.-et-L.), décédée également à Blida, le 11 février 1886, mariés le 22 janvier 1822, à Jully-les-Buxy, venus s'établir en Algérie en 1843.

Le conseil d'administration du 3e régiment de Hussards lui accorde une permission pour épouser, le 20 mars 1862, à Alger, Pétronille Pujol, née le 26 mars 1843, à Miglos (Ariège), demeurant à Alger au 25 de la rue d'Isly, fille de Charles Pujol, propriétaire, et Magdelaine Arabeyre, demeurant au hameau de Mourjat, commune de Miglos. Contrat de mariage passé le 1er mars 1862 devant Me Périella, notaire à Alger. Les témoins au mariage sont : Jules-Antoine-Pierre Chabert-Moreau, défenseur, adjoint au maire d'Alger ; Pierre Bouchard, négociant ; Auguste Bouchard, négociant et François Combes, employé, tous demeurant à Alger et non parents des époux.

Deux enfants : Alfred Mauguin, né le 3 décembre 1862, à Blida, et Octavie Mauguin, née le 8 janvier 1864, à Blida.
 

L'imprimerie, en 2010
 
 
 

Imprimeur

Lithographe, typographe, Alexandre Mauguin fonde une imprimerie à Blida en 1867. Créateur de sa maison de commerce. Son imprimerie (photo page suivante, en 2011) deviendra une librairie puis, en octobre 2002, une maison d'édition : Éditions du Tell, dirigée par Chantal et François Lefèvre, ses arrière-petits-neveux.

[Le 16 novembre 2005, au centre culturel Méjanes d'Aix-en-Provence, conférence-projection inaugurale et vernissage de l'exposition " Les oliviers de Sidi Yacoub ", en présence de Chantal Lefèvre, de la librairie-imprimerie Mauguin de Blida, et de Mohamed Djehich, directeur de l'Ecole supérieure des Beaux-Arts d'Alger.]

Il crée également des exploitations agricoles dans la Mitidja, parlant lui -même de sa " modeste fortune acquise par un travail opiniâtre ".

Le maire d'Aumale, M. Sapor, fut accusé, entre autres malversations, d'avoir payé des factures fictives à l'imprimerie Mauguin (1890), mais le jury d'assises ne retint pas ces accusations.

Fonctions électives

Conseiller municipal de Blida en 1871 puis maire en 1881, il le restera pendant 17 ans avant d'être battu par M. Bérard.

Conseiller municipal de Castiglione puis maire d'El-Affroun, de 1908 à son décès.

Conseiller général de la 17e circonsc. du dép. d'Alger (Coléah), de 1875 à 1893, secrétaire du conseil général de 1877 à 1880, vice-président de 1880 à 1881, président de 1883 à 1893), puis de la 19e circonsc. (Marengo) de 1894 à 1898, puis de la circonsc. de Cherchell en 1913.

Candidat républicain, élu le 21 août 1881, au 1er tour de scrutin, député de la 2e circonsc. du dép. d'Alger, par 3 596 voix contre 2 675 à François Gastu, député sortant, sur 10 118 inscrits et 6 634 votants.

[Dans sa profession de foi il se dit " fils d'un colon mort à la peine ". Partisan de " l'instruction laïque, gratuite et obligatoire, une Chambre unique, la suppression du budget des cultes, la liberté de la presse, le droit de réunion ". Pour l'Algérie, ayant sous l'Empire combattu le gouvernement militaire et les Bureaux arabes, est partisan de l'administration par le gouverneur général civil, demande l'extension du réseau de voies ferrées, la construction de barrages et de routes, l'achèvement des ports, le reboisement et l'aménagement de l'alimentation en eau.]
 

Pour illustrer le climat de l'époque, notons cette appréciation outrancière, alors qu'Alexandre Mauguin est sur son déclin politique :

" Son nom, si puissant jadis, n'inspire plus que la pitié dédaigneuse de ceux qui, autrefois lui léchaient les bottes et le mépris de ceux qui connurent les dessous de sa scandaleuse fortune, et l'odieuse façon dont il en abusa ", la première page du journal étant recouverte d'une immense caricature signée Assus, le représentant en costume de Suisse à la porte d'une cathédrale, voulant symboliser par-là " sa piété naissante et son amour du galon. "
  "Le plus grand des parlementaires " pouvait-on ironiser, en se référant à sa taille (2,10 m).
 
Ci-contre, Le Turco, 10 décembre 1895 / Bibliothèque nationale de France (Jo 8775)
 

Fait partie du groupe de l'Union républicaine et vote pour les crédits de l'expédition du Tonkin, intervient à propos des questions militaires et administratives de la Tunisie. Élu sénateur du dép. d'Alger le 25 janvier 1885 par 130 voix contre 105 à Ferdinand Le Lièvre, républicain, sénateur sortant, sur 242 inscrits et 241 votants. D'après l'universitaire Jacques Binoche, cette élection serait une simple querelle de personnes sans caractère politique majeur.

Groupe de l'Union républicaine et de la gauche radicale.

Vote pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (1889), pour le projet de loi Lisbonne, restrictif de la liberté de la presse, pour la procédure à suivre devant le Sénat contre le général Boulanger. Réclame, en 1890, l'union douanière avec la Tunisie. En ce qui concerne l'Algérie, intervient à propos des étrangers dans le clergé algérien, dé-fend les intérêts des pêcheurs puis s'oppose à l'amnistie des indigènes exilés en Nouvelle-Calédonie.

En 1891, Alexandre Mauguin fait partie de la commission des Finances, en 1892, de celle sénatoriale dite des Dix-huit, chargée de faire des propositions concernant l'organisation administrative de l'Algérie.

[Le décret dit de " rattachement " du 26 août 1881, en plaçant les différents services publics de l'Algérie sous l'autorité des huit ministres métropolitains : Justice ; Intérieur et cultes ; Finances ; Marine et colonies ; Instruction publique et Beaux-Arts ; Travaux publics ; Agriculture et commerce et Postes et Télégraphes réduit l'autonomie de l'administration locale.

Ce mode de gestion des départements d'Algérie se révéla vite lourd et inadapté, les ministères parisiens étant rarement au fait des réalités locales qu'ils traitent de façon morcelée là où il aurait fallu une unité d'action. Jules Ferry, après avoir enquêté en Algérie en 1892 à la tête d'une délégation de sept sénateurs dont Émile Combes, membres de la commission sénatoriale dite des Dix-huit, dénonce ces dysfonc-tionnements et la politique d'assimilation en général dans un rapport de 117 pages intitulé Le Gouvernement de l'Algérie, rapport ratifié le 30 mai 1893 par le Sénat.] deces

Échecs électoraux

Échec aux élections sénatoriales de 1894 avec 2 voix, contre 142 à Paul Gérente, 102 à M. Gobel et 40 à Alfred Letellier, sur 287 inscrits et 286 votants, au 1er tour de scrutin. Ne se présente pas au second tour et Paul Gérente est élu.

Échec aux élections législatives du 8 mai 1898 dans la 2e circonsc. du dép. d'Alger, au 1er tour de scrutin, avec 4 351 voix contre 6 690 au radical-socialiste Charles Marchal.

Échec à celles du 20 mai 1906, dans la même circonsc., au 2e tour de scrutin, avec 5 430 voix contre 8 256 à Émile Bégey.

Fondateur du Syndicat commercial algérien, il est membre ou président de divers syndicats agricoles.

Franc-maçon, membre de la loge La Fraternité dans la Mitidja, Orient de Blida, de la Grande Loge de France, initié au 1er degré le 1er juin 1878, au 2e degré le 28 juin, au 3e degré le 3 juillet, élu premier maître des cérémonies le 10 juillet de la même année, diplôme n° 10 739.

Propriétaire-fondateur et directeur du journal Le Tell, créé en 1864, qui défend les idées d'assimilation et s'oppose à l'Empire. Il contrôle également le Petit Milianais, L'Indépendant de Coléah, L'Écho d'Alger et La Vigie Algérienne fondée en 1873 par Félix Dessoliers.
 

   L'Écho d'Alger, 7 mars 1916

Activités militaires

Incorporé à compter du 16 juillet 1859 au 12e régiment de Chasseurs comme appelé, inscrit sous le n° 931 de la liste du contingent du département de la Côte-d'Or, classe 1858. Arrivé au corps le 16 juillet 1859. Renvoyé par anticipation le 1er mars 1860 suivant décision ministérielle du 8 février 1860.

Puis incorporé à compter du 27 janvier 1862 comme hussard de 2e classe au 3e régiment de Hussards, suivant décision ministérielle du 30 décembre 1861, arrivé au corps le 29 janvier 1862, libérable le 31 décembre 1865. Passé dans la réserve le 26 février 1865 suivant décision impériale du 11 dudit. A reçu un certificat de bonne conduite. Déclare se retirer à Blida.

Sources

- Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits, fonds maçonnique.
- Archives nationales, Élections, cartons C 7 221, 5 366 et 3 515.
- Archives nationales d'outre-mer, état civil d'Algérie.
- Service historique de l'armée de terre, dossier 35 Yc 974.
- Grande Loge de France, archives, carton n° 367.
- Mairie de Jully-les-Buxy, état civil.
- Association diocésaine de Dijon, service des archives.
- L'Écho d'Oran, daté du 6 mars 1916.
- L'Écho d'Alger, daté du 7 mars 1816.
- Éditions du Tell, site internet.


Tableau généalogique


 
 

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